Saison publique

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Musique

De Pesaro à Prague, la douce vie

Auditorium • Cité de la musique et de la danse

Jeudi 04 décembre • 19h

Aline Zeller – Élodie Haas, violons

Émile Jouette, alto
Frank van Lamsweerde, violoncelle

Élodie Peudepièce, contrebasse

String Quintet No. 2 Op. 77, Antonín Dvořák, 2 violons, alto, cello, et contrebasse
Sonate a quattro Gioacchino Rossini, 2 violons, cello et contrebasse

 

Sonata No.2 in A Major 

  1. Allegro 2 Andantino 3 Allegro


« Les six sonate a quattro pour deux violons, violoncelle et contrebasse furent composées pour le marchand et propriétaire foncier Agostino Triossi, durant l’été de 1804. Fait à souligner, la composition inhabituelle de la partition, soit l’absence des altos, ne fût pas un choix délibéré de Rossini, mais plutôt déterminé par l’absence d’altiste parmi ses amis, habituellement pressentis pour interpréter ses œuvres. Les six sonates témoignent d’une remarquable maîtrise de la forme et des contrastes sonores chez un compositeur de 12 ans. Elles dévoilent également un sens instinctif du rythme où la bonne humeur côtoie un lyrisme de bon aloi. On peut d’ailleurs y présager son style « opéra bouffe », si bien exploité dans tous les chefs d’œuvres d’opéra qu’il nous a laissés.

À la fin de sa vie, Rossini, qui adorait rédiger des notices et commentaires ironiques sur ses anciennes partitions autographes, écrivit ce charmant texte sur ses sonates de jeunesse: « Premier violon, second violon, violoncelle et contrebasse, parties pour six terribles sonates composées par moi, à la maison d’été de mon ami et mécène Agostino Triossi, à Conventello près de Ravenne, ceci dans mon plus jeune âge, n’ayant même pas reçu une leçon de basse continue. Elles furent toutes composées et copiées en trois jours et exécutées d’une manière crâneuse par Triossi, contrebasse; Morini (son cousin), premier violon; le frère de ce dernier, violoncelle et le second violon, par moi-même, qui n’était pas le moins crâneur. »

Malgré l’apparent dénigrement que puisse évoquer ce commentaire, les nombreuses revisions et les nouvelles versions qu’il publiera au cours des ans démontrent bien l’importance qu’accordait Rossini à ses premières œuvres. Quant à sa critique de la première exécution de ces sonates, elle ne surprend pas considérant leur grande difficulté technique. Les traits de virtuosité qu’elles exigent sont tour à tour joués par les premiers et les seconds violons; on peut supposer que Rossini, qui tenait la place du second violon, se prêtait à ce jeu par bravade. »           ©Gilles Potvin, Raymond Dessaints

Ici la sonate sera jouée avec alto, donc en quintette!

 

Dvořák No.2 Op.77

  1. Allegro con fuoco  2. Scherzo-Trio Allegro Vivace  3.Poco Andante  4.Finale Allegro Assai

Le quintette à cordes en sol majeur date de 1875. À 34 ans, Dvořák vient de connaître son premier grand succès avec sa cantate patriotique “Les héritiers de la montagne blanche” (en 1873, année de son mariage) et a gagné pour la première fois la bourse d’Etat autrichienne en 1874. La présence de la contrebasse est insolite dans l’histoire du genre « quintette », celui à deux violoncelles de Schubert constituant lui-même une exception. Le rôle de soutien de la contrebasse permet au violoncelle de multiplier les envolées lyriques, tandis que la puissance des basses autorise des effets presque orchestraux.

La musique de chambre de Dvořák revêt, dans la production totale du compositeur, une importance comparable à celle de son protecteur Johannes Brahms : des œuvres nombreuses et souvent de grande envergure ponctuent régulièrement leur itinéraire, offrant à l’auditeur tantôt l’image même de l’intimité, de la subtilité et de la délicatesse, tantôt celle d’une puissance quasi symphonique. On trouve l’héritage de Brahms mais aussi celui de Schubert chez le compositeur tchèque: les thèmes sont moins souvent exploités pour leurs qualités architecturales qu’en fonction de leur charme lyrique, souvent coloré d’allusions au folklore slave.   Philippe Dinkel