Saison publique

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Salle d'orchestre • Cité de la musique et de la danse

Mardi 27 janvier • 19h

Type : concert

A partir de : 8 ans

LA CHIMÈRE est un duo expérimental formé en 2023 par Arthur Dubois et Kevin Bourdat, qui associe minimalisme américain et musique ancienne en confrontant des œuvres qui se répondent à travers les siècles et interrogent l’homme dans son intériorité et dans son rapport au monde.
Au programme : Johann Sebastian Bach (5e suite en do mineur) et Philip Glass (Songs and Poems), Roland de Lassus (Lagrime di San Pietro) et Steve Reich (Cello Counterpoint).

Les pièces pour violoncelle seul de Johann Sebastian Bach et Philip Glass participent d’une même introspection individuelle et illustrent la permanence du corps, du geste et du son acoustique à travers les bouleversements de l’histoire.
La plus austère des 6 suites pour violoncelle seul, la 5e suite en do mineur est un exercice spirituel d’une rigoureuse discipline. Chef d’œuvre d’artisanat d’art musical, elle crée du sens en dépit de la violence et de la mort omniprésente dans l’Allemagne du début du 18e siècle, profondément meurtrie par la guerre de 30 ans.
Dans ses Songs and Poems, Glass sculpte la matière sonore du violoncelle à partir d’un matériau volontairement restreint. A l’inverse de Bach, le corps et le geste instrumental priment ici sur l’esprit. Les formes sont ouvertes, sans but, évoquant un effritement du sens.

A travers les siècles et les révolutions, Roland de Lassus et Steve Reich invoquent le contrepoint pour questionner la place de l’homme parmi ses semblables et au sein de l’univers.
Quelques mois avant sa mort, Lassus livre un testament musical qui met comme un point final au colossal édifice polyphonique de la Renaissance. Le thème des larmes de Saint Pierre inscrit ce cycle dans la tradition chrétienne séculaire tout en nous plongeant dans l’intimité des doutes et des remords d’un compositeur majeur qui a sillonné l’Europe et s’est imposé dans toutes les langues.
Inspiré par le rythme de la voix humaine, Reich réinvente une polyphonie à travers l’utilisation de la machine. Celle-ci impose son rythme implacable dans son Cello Counterpoint de 2003 pour huit violoncelles. L’harmonie des sphères qui régissait le système fermé des antiques jusqu’au haut Moyen-Âge a laissé place à l’effrayant vide sidéral qui aspire l’humanité dans une activité toujours plus frénétique. Si la polyphonie de Lassus faisait danser les cathédrales, celle de Reich évoque les nouvelles tours de babel de Manhattan et des quartiers d’affaires du monde entier.